19 novembre 2018

Se reconstruire et faire le deuil


Au départ j'avais prévu de publier un article dans la catégorie " mode " mais finalement le sujet qui me fait le plus de bien en ce moment n'est pas la "mode " même si j'aime partager mes looks du quotidien sur Instagram.  Je prends beaucoup de plaisir à écrire ici ça me soulage, ça me défoule. Ce qui m'a donné envie d'écrire cet article ce soir, c'est la storie de Claire la semaine dernière sur Instagram et sur les personnes qui se permettent de juger de telles situations.  J'ai été choquée des propos dont Claire a été victime, comment les gens peuvent être si méchants ? 

Combien de fois j'ai entendu autour de moi que ce que j'avais vécu arrivait " à beaucoup de monde " qu'heureusement que le gynécologue s'en était rendu compte à l'échographie du 1er trimestre, qu'un bébé on en refera un autre, qu'il fallait attendre, que toute façon ce n'était qu'un fœtus, que c'était la faute à pas de chance, que c'était la vie tout simplement, qu'il fallait faire avec !

Toutes ces phrases que je n'ai pas supporté entendre durant ces deux derniers mois, toutes ces phrases qui m'ont fait mal, m'ont faites pleurer. Toutes ces phrases qui, pour eux étaient censées me rassurer, me soulager. Mais eux n'ont pas vécu ce que j'ai vécu et ne peuvent pas imaginer à quel point je suis triste à quel point l'arrêt d'une grossesse est douloureux surtout quand celle-ci était désirée. L'interruption médicale de grossesse porte bien son nom elle interrompt une grossesse et, qui dit grossesse dit bébé. Donc oui j'ai perdu ce bébé relativement tôt dans la grossesse mais j'ai perdu ce bébé quand même. Voilà où, nous en sommes, deux mois se sont écoulés après l'annonce de la malformation et plus précisément une acranie (absence de voûte crânienne) pour celles qui n'ont pas lu mes précédents posts. Je ne vous cache pas que parfois j'ai l'impression que rien n'avance, que tout stagne et que je suis tributaire des ces putains de résultats qui sont en analyses depuis la première opération. Il y a pourtant l'arrivée des fêtes de fin d'année et l'hiver ma saison préférée et qui dit fin d'année ... Dit de nouvelles perspectives pour l'année qui arrive ! C'est ce qui me fait avancer aujourd'hui ! Après chaque Interruption Médicale de Grossesse le fœtus est analysé, on appelle cet analyse " un caryotype " - Technique permettant d'étudier les chromosomes du fœtus et donc d'essayer de déterminer la cause de la malformation. Le plus souvent cet examen est réalisé en période anténatale pour connaître le nombre de chromosomes du fœtus. Cela permet de détecter une trisomie ou d'autres anomalies chromosomiques.Cette démarche prévient d'un éventuel risque de récidive de la pathologie détectée et la meilleure prise en charge et un meilleur suivi pour la prochaine grossesse. La prochaine étape clé de ce parcours est mon rendez vous du 30 novembre avec le gynécologue du service de Diagnostic Anténatal de la Croix Rousse qui  me suit depuis le début, rendez vous où nous aurons les fameux résultats et où je pourrais (je l'espère) me projeter de nouveau dans une nouvelle grossesse. En général le gynécologue reçoit la patiente entre 6 à 8 semaines après l'intervention. Ce rendez vous a pour but d'évaluer l'état psychologique et physique de la femme (afin de voir si une nouvelle grossesse est envisageable et si oui sous combien de temps et sur les précautions à prendre). A l'issu de la première opération le gynécologue m'avait de nouveau prescrit de l'acide folique mais en dosage plus important. En apparence, je fais la " warrior " et j'essaie de ne rien laisser transparaître peut être que j'ai eu tort, tort de vouloir aller trop vite trop bien et qu'aujourd'hui je me prends la vérité en pleine face. Alors oui la vie suit son cours, oui nous aurons un bébé prochainement (je l'espère très fort), oui j'avance et j'essaie de faire avec comme on me l'a dit un bon nombre de fois. Mais certains jours, j'ai envie de tout envoyer valser, de ne pas sortir du lit, de crier, de pleurer ... ! Certains jours sont plus douloureux que d'autres, certains jours ça va d'autres non ... C'est en vivant de telle situation que l'on se rend compte que ceux qui n'ont jamais vécu cela ne peuvent pas comprendre la douleur de perdre un enfant. Et c'est dans ces moments là aussi, qu'on se rend compte de la force ou pas de nos proches à vivre avec nous cette épreuve.

J'aimerais juste que le temps qui passe soit le moins douloureux possible !

22 commentaires:

  1. J'imagine la douleur que tu as pu ressentir en entendant toutes ces phrases.. Plein de courage à toi dans ces moments difficiles....

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    1. J'espère que le bout du tunnel n'est plus très loin ... Car le chemin commence à être long.

      Bonne journée Charlotte,
      Bises, Marie

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  2. C'est la première fois que je te laisse un message ...
    Ce billet m'a beaucoup touché, j'ai pas mal de soucis aussi de ce côté là et je comprend ce que l'on ressent à chaque mauvaise nouvelle.
    Je te souhaite le meilleur ma belle <3

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    1. Merci pour ton adorable message ! J'espère que les meilleurs jours sont proches :) !
      A bientôt, Marie
      www.bonjoourmarie.com

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  3. Coucou,

    Étant maman comme tu le sais sur mon insta, je ne peux que m'associer à ta douleur. Je ne sais quoi te dire car peur d'être maladroite. Je suis d'accord avec toi, seules les personnes ayant vécu ça peuvent comprendre. Et pourtant je comprends ta peine et ta souffrance.
    J'ai un conseil à te donner cependant c'est de faire confiance en la vie, confiance à ton chéri et à tes proches. Le temps n'enlève pas les blessures de la vie Mais il les cicatrise un peu comme il le peut.
    Mille gros bisous ♡ ♡ ♡

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    1. Comme tu dis il faut faire confiance à la vie et à mon chéri, surtout mon chéri ! Car nous sommes deux à vire cela il faut pas l'oublier. Merci pour ton petit mot et à bientôt sur Insta ou ici.

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  4. plein de courage
    je m'identifie a toi dans cet article.
    alors encore plein de courage et il est normal d'avoir des jours "sans"
    bises

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    1. Je suis désolée pour toi si tu as vécu des choses similaires ... !
      Et on est ici pour en parler et s'écouter si tu as besoin n'hésite pas.
      A bientôt, Marie.

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  5. Oh oui comme tu le dis on se rend compte dans ce genre de situation de la difficulté et de la douleur qu'elles engendrent ... Plein de courage à toi, je suis passée par des moments similaires et ce que je peux te dire à posteriori c'est que la phrase "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" n'a jamais eu autant de sens pour moi ! C'est une maigre consolation je sais, mais dis toi aussi que des jours meilleurs vont nécessairement venir :-)

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    1. C'est ce que je me dis " Les jours meilleurs arrivent ... ! "
      C'est fou le nombre de femmes qui passent par ce genre de situation !

      A bientôt, Marie.

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  6. Coucou Marie,

    Voilà j'ai pris le temps de lire ton dernier article (enfin avant le dernier sur le black fridaayyy :))) depuis quelque temps c'est vrai je constate que les gens se sont endurcis et sont fermés. je pense qu'à partir du moment où ils n'ont pas vécu une situation que peuvent-ils comprendre? C'est Surtout que nous n'avons pas tous la même sensibilité face aux évenements. Ils ne prennent même pas en compte le fait qu'ils peuvent blesser par leurs mots. ça manque d'empathie. Et c'est sans doute eux qui seront les premiers à se plaindre pour un rien... C'est tres bien que tu puisses exprimer ce que tu as ressentis face à ces commentaires. Je t'embrasse. Sophie (et j'adore cette photo au début de l'article !)

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    1. Coucou Sophie,
      Tu as tout à fait raison, nous n'avons pas tous la même sensibilité face à une situation que ce soit dans la joie ou la peine ... Chacun ressent une situation à sa manière ...

      Je t'embrasse.

      Marie.

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  7. Coucou Marie,

    Je prends le temps de t'écrire un petit mot. Car oui, en effet je ne sais pas ce que tu traverses et la douleur que cela représente. J'espère que mon commentaire et tous les autres aussi ici et là t'aident et surtout que tu te sentes soutenu sans cette épreuve.
    Je suis très sincèrement désolée de lire tout ce que tu vis en ce moment... Et je te félicite pour ton courage t'affronter cela et de réussir à en parler bravo !

    Je te souhaite beaucoup de courage, je t'embrasse
    Sophie

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    1. Coucou Sophie,
      Merci pour ton message de soutien. Oui cela m'aide beaucoup d'en parler ici ça me fait du bien de " mettre des mots sur des maux ". Les jours meilleurs ne sont plus très loin ... Du moins je l'espère.

      A bientôt, je t'embrasse.

      Marie.

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  8. Ton témoignage m'a beaucoup touché car ça a éveillé en moi un souvenir douloureux. J'ai moi aussi pas eu le choix que d'interrompre une grossesse, ou plutôt d'accoucher à 7 mois, d'un bébé mort in utéro. C'était une souffrance atroce, ce qui ne l'ont pas vécu ne peuvent pas le comprendre. Mais j'ai eu mes 3 amours que j'adore du plus profond de mon coeur.
    Sois forte, je penserai fort à toi lors de ton rdv du 30 novembre. Les choses positives finissent toujours par arriver.
    Des gros bisous ,

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    1. C'est fou le nombre de femmes qui passent par ce genre d'épreuve ... Je trouve que l'on en parle pas assez ! Car quand ça nous tombe dessus on se sent vraiment seule ! Du moins c'est le sentiment que j'ai eu quand ça m'est arrivé.

      Merci en tout, à bientôt, Bisous.

      Marie.

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  9. je suis sincèrement peinée mais aussi outrée de lire que tu as pu avoir de tels commentaires de ton entourage. Mais malheureusement, ça ne m'étonne qu'à moitié. Les gens sont maladroits face à la douleur, à la tristesse, à la détresse, à l'injustice ... et souvent, c'est aussi parce que ce genre de drame les renvoient à leur propre peur ... celle que la même chose leur arrive par exemple. Alors que dans ces moment là, on a juste besoin de leurs bras dans lesquels s'enfouir pour pleurer, de leurs sourires pour éloigner nos larmes et avancer, de leurs présences pour ne pas penser qu'à ça et essayer de retrouver un sens à cette vie qui vient si brutalement nous heurter.
    Mon parcours est différent du tien, je ne chercherai en rien à le comparer ... mais tout comme toi, j'ai voulu me montrer forte face aux autres, et je me suis aperçue en discutant avec notre psy dans le cadre de la PMA puis dans le cadre de l'adoption, qu'en fait, je cherchais, encore une fois, à protéger mon entourage en me montrant si "warrior". Alors, en ayant compris cela, je me suis laissée le droit de faillir. De pleurer. D'en avoir ras le bol. D'être désespérée. D'envoyer chier ces personnes que j'ai cherché à protéger ... Et cela m'a justement permis de mieux remonter la pente, et sans doute de façon plus saine et plus solide. J'ai accepté de dire aux gens que le moral n'allait pas trop. Que je pensais à ce tout petit être à peine formé de 9 semaines que j'avais perdu et qui devait naître pour Noël 2017. Que j'avais peur de ne jamais devenir mère, que ce soit par la PMA ou par le biais de l'adoption. Je me suis même permise de les envoyer "chier" (et ça fait du bien malgré tout) !
    Je te souhaite que ton RDV au DAN de la Croix Rousse se passe le mieux possible, je te souhaite d'avoir des réponses à vos questions, quelles qu'elles soient ... Je te souhaite de pouvoir revivre une grossesse, et que celle ci soit la plus sereine malgré le traumatisme et les craintes que ton passé va forcément engendré.
    J'ai été suivie il y a 8 ans par la Croix Rousse pour ma grossesse molaire. C'est une très bonne équipe (j'y ai aussi bossé ...). N'hésite pas d'ailleurs à rencontrer la psy de l'équipe, elle fait avancer dans son deuil et pour des tas d'autres choses.
    Ah, et je rajouterai juste une chose ... Qu'une grossesse s'arrête à 2, 10, 15, 22, 35 ou 40 semaines, quand l'issue est malheureusement fatale, triste et injuste ... la douleur est la même ... Cet enfant, on l'a voulu, désiré, espéré, investi, rêvé ... la douleur est là, point. ça fait pas "moins" mal parce que ça a été détecté rapidement ... et ça ne fait pas de ton bébé parti trop tôt un "sous" bébé ... il restera le premier enfant de votre famille ... il fera parti de votre histoire et notamment de celle de ses frères et soeurs à venir (surtout, ne pas leur cacher ... car les enfants sentent ce genre d'absence ...).

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  10. Tout d'abord merci pour ton adorable message ! Comme tu dis ce n'est pas le nombre de semaines qui fait la peine, la perte d'un enfant qu'elle soit au début au milieu ou en fin de grossesse est la même ... J'ai acheté un livre que je vais commencé il s'appelle " Attendre un enfant après une interruption médicale de grossesse de Diane de Wailly " Il a l'air vraiment bien écrit ... ! J'espère vivement que le rendez vous de vendredi va m'apporter un certain nombre de réponses pour pouvoir avancer et me reconstruire (nous reconstruire) car on parle peu des hommes dans ces situations mais ils le vivent aussi.

    Concernant l'hôpital de la Croix Rousse, j'ai fais la rencontre de DR FICHEZ qui est top ! Et le service DAN est vraiment bien !

    A très vite ma jolie,
    Marie.

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  11. Marie, tout d'abord, merci pour ta visite sur mon blog et pour ton commentaire.
    J'arrive sur ton blog, je tombe sur cet article et...
    Et je ne sais pas quoi te dire!
    Je n'ai jamais vécu pareil deuil. J'ai fait une fausse couche juste avant mon premier enfant, mais je n'étais enceinte que de trois semaines à peu près et je ne le savais même pas. Pour moi, c'était juste un gros retard... puis lorsque je me suis retrouvée enceinte de mon fils aîné, j'ai eu les mêmes sensations dès 15 jours de grossesse et j'ai compris. Mais j'étais toute à la joie d'attendre cette nouvelle vie, et ça n'a donc rien à voir avec ce que tu vis toi!
    Je crois que personne ne peut te comprendre vraiment. Même une personne qui a subi le même drame l'a sans doute vécu différemment.
    Il ne faut pas en vouloir aux personnes qui par maladresse ou par manque d'information essaient de trouver des paroles réconfortantes. Comme le dit Mlle Bulle, on a juste besoin de bras réconfortants quand on est ainsi dans la peine. Nous vivons tous et toutes des drames, différents certes, mais la vie n'épargne personne. Et on ne sait jamais quoi dire dans ces cas là. Peut être parce qu'il n'y a rien à dire, mais bien des gens sont mal à l'aise avec le silence. Difficile d'admettre que les mots ne changent rien. Que c'est d'une écoute et d'une présence dont on a besoin, pas de paroles sensées alléger notre peine. Il n'en existe pas.
    Je peux juste te dire que les mois passant, les années passant, parce que c'est dans la nature humaine, ta peine va s'alléger car le travail de deuil va se faire.
    Il ne faut pas nier ta peine ni la cacher car à un moment ou à un autre, elle va devoir d'exprimer. Etre une warrior est parfois contre productif. Alors pleure si tu en as besoin, mets toi en colère...et je pense bien à toi demain, ok?
    A bientôt sans doute.

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    1. Bonsoir Stéphanie, Merci pour cet adorable message. Je n'en veux pas à mon entourage mais c'est vrai que j'ai eu du mal face à la réaction de certaines personnes. Mais il est vrai que les couples qui n'ont pas vécu une situation comme celle-ci ne peuvent pas comprendre, comme dans chaque situation compliquée d'ailleurs.
      Oui notre peine va s'alléger avec le temps et comme tu dis le temps passe. J'ai hâte d'être au rendez vous de demain pour en savoir plus et bien sur que je te tiendrais au courant.

      A très vite, avec plaisir !
      Marie.

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  12. Un petit coucou... en espérant que ton RDV se passe bien.
    A très bientôt!

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  13. Hello Stéphanie,
    je vais écrire un nouvel article à ce sujet ...
    Je te dirais une fois qu'il est publié,
    A bientôt, Marie.

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