20 septembre 2018

Mettre des mots sur des maux


Revenons un mois et demi en arrière. Le 31 juillet 06h31, les deux traits espérés depuis quelques mois apparaissent sur ce bâtonnet Clearblue, je n'y crois pas j'en fais de suite un second qui m'écrit noir sur blanc "enceinte", j'ai quand même du mal à y croire, pour moi ça n'arrive qu'aux autres. Je file sous la douche et m'empresse daller au laboratoire qui, par chance est en bas de chez moi. Quelques heures plus tard la prise de sang me confirme que je suis bien enceinte. Je m'étais promis de n'en parler à personne avant les trois mois passés ... Avant l'échographie du 1er trimestre que l'on redoute toutes, celle où la grossesse commence à se concrétiser. Mais nous étions tellement heureux que nous avons tout de suite eu envie de le partager avec nos proches au risque bien sûr qu'il se passe quoique ce soit. Mais qu'importe nous avions tellement envie de partager ce bonheur. Et puis de tout façon si il venait à se passer quoique ce soit au moins nous serions accompagnés dans notre peine. Juste après avoir appris cette merveilleuse nouvelle, nous étions en vacances pour trois semaines, nous partions en Grèce et dans le sud en famille, de quoi démarrer la grossesse sereinement. J'avais peur de ressentir les premiers symptômes au travail, peur que mes collègues se posent des questions ... J'étais bien mieux entourer de mon chéri et ma famille.  Malgré tout j'étais tout de même très stressée et je me posais beaucoup de questions, je cauchemardais la nuit ... ! J'ai même fais cinq prises de sang de mon taux de méta HCG pour surveiller l'évolution du tauxLe 24 août 2018, premier rendez-vous pour l'échographie de datation je suis à 7 semaines + 5 jours je suis toute excitée et à la fois tellement stressée. Nous rencontrons une adorable sage femme qui pratique l'échographie et, qui nous annonce qu'il y a un embryon et qu'il mesure 12,8 mm elle nous fait même écouter son coeur, c'est si petit et si impressionnant déjà. En sortant de ce rendez vous j'étais déjà un petit plus rassurée et le ++ du test de grossesse commençait à prendre tout son sens, j'étais bel et bien enceinte. Le 30 août 2018, j'ai mon premier rendez vous avec une autre sage femme pour faire le point sur ce début de grossesse, ayant eu un mauvais feeling avec ma gynécologue de ville je me suis dis pourquoi pas être suivie par une sage femme. Elle m'ausculte et me prescrit le fameux premier bilan sanguin. Le lendemain matin, je file au laboratoire faire ce fameux bilan et, la laborantine me dit que je n'aurais les résultats qu'en début de semaine (nous étions vendredi) car le groupage sanguin met est un peu long... Pas de souci !  Nous avions un mariage le lendemain et j'avais envie d'avoir l'esprit tranquille et profiter de ce moment entre amis. 16h le téléphone sonne, c'est la sage femme ! " Madame COTREL, le laboratoire d'analyses vient de me contacter concernant les résultats de la toxoplasmose et, ils ne sont pas très bons. Vos analyses partent à la Pitié Salpêtrière à Paris pour contrôle. " Je m'effondre, je ne comprends pas ce qu'il se passe et la sage femme reste très évasive. Le week-end passe, je profite tant bien que mal de mes amis et là, le lundi ... La sage femme me rappelle et me demande d'aller refaire une prise de sang à l'hôpital de La Croix Rousse pour avoir l'avidité du taux (pour savoir la date approximative de contamination). Je pars entre midi et deux à l'hôpital me faire piquer en espérant avoir un retour au plus vite. Et, à partir de là commence la descente aux enfers ! Plus aucunes nouvelles de la sage femme, la dernière chose qu'elle ma dite après m'avoir demandé d'aller faire la prise de sang à l'hôpital : " Je ne peux plus rien faire pour vous ....! " Me voilà lâcher dans la nature sans gynécologue avec une éventuelle toxoplasmose contractée pendant la grossesse. Je me suis sentie tellement seule et incomprise. J'ai rappelé la sage femme échographe qui m'avait fait l'échographie de datation car nous l'avions trouvé vraiment sympathique. Elle a de suite pris les choses en main en me mettant en lien avec des soignants de l'hôpital de La Croix Rousse dont un interne qui m'a prescrit un traitement préventif le temps de refaire une prise de sang pour être sûre que la toxoplasmose ait bien été contractée avant la grossesse et un rendez vous avec Dr FICHEZ pour l'échographie du 1er trimestre le 18 septembre. Je devais cependant attendre jusqu'au vendredi pour connaitre le premier résultat d'avidité, plus celui-ci était élevée plus la contamination était ancienne. Etant déjà de nature stressée, mon état de panique était au maximum ! J'ai attendu jusqu'au vendredi les résultats de l'avidité du taux ... Le taux était plutôt bon ils présumaient une contamination antérieure à la grossesse mais je devais tout de même faire une prise de sang de contrôle quatre semaines plus tard. Le 18 septembre 2018, le fameux rendez-vous tant attendu ! Va t'on enfin nous rassurer? Vais je réussir à vivre cette grossesse plus sereinement? Nous patientons en salle d'attente le médecin a plus d'une heure de retard ... Je ne sais pas, je ne le sens pas ce rendez vous ... J'ai peur, j'angoisse et là c'est à nousDr. FICHEZ nous explique qu'il y a de grandes chances que la toxoplasmose ait été contractée avant la grossesse et nous rassure sur ce point là. Il nous explique que nous allons faire la déclaration de grossesse et l'échographie du 1er trimestre avec toutes les mesures du fœtus. Je m'installe sur le fauteuil pour que l'interne commence l'échographie (Oui ils étaient deux internes + le gynécologue) le temps que Dr. FICHEZ revienne car il a été appelé par une collègue dans la salle d'échographie d'a côté ... A l'écran nous le voyons bouger, c'est impressionnant comme c'est déjà vif, nous entendons le cœur ...  et nous voyons tous ces membres se tortiller dans tous les sens. Dr. FICHEZ revient et prends les commandes et refait l'échographie, nous le revoyons bouger et là... Il arrive au niveau de la tête ... 5 mots, juste 5 mots ont suffit ... " Il y a un problème ! " A ce moment précis je venais de comprendre que tout était fini.  Je me r'habille, on s'assoit face au gynécologue et aux deux internes ... Et là le diagnostic tombe, Madame il faut faire une IMG (Interruption Médicale de Grossesse) ... ! C'est la faute à pas de chance comme nous dit le gynécologue. Le monde s'écroule, je revois en boucle les images de l'échographie  C'est ce qui est le plus dur à accepter ! A l'écran tout va bien unique ombre au tableau et pas des moindres son système nerveux ne sera jamais viable. Le gynécologue me donne donc rendez-vous avec l’anesthésiste et la sage femme le 21 septembre 2018 pour programmer l'intervention la semaine d'après ... 

* L'acranie est une malformation au niveau du système nerveux qui entraîne l'absence de voûte crânienne, il n y a donc pas d'issue. Je signe différents papiers pour accepter l'interruption médicale de grossesse et le prélèvement du placenta lors de l'opération. Ce prélèvement s'appelle un caryotype et il permet de détecter une éventuelle trisomie ou d'autres anomalies chromosomiques c'est le protocole pour chaque IMG. L'acranie n'a rien de génétique, l'achaine est une malformation qui survient en tout début de grossesse et il n y a pas d'explication particulière, la voûte crânienne ne s'est pas fermée. La sage femme m'a donné un nouveau traitement d'acide folique bien plus fort que celui que je prenais depuis janvier en prévention, même si ce genre de malformation n'est pas systématique.

En arrivant à la maison, j'informe petit à petit les proches à qui nous l'avions annoncé ... c'est fini ! Je ne regrette pas du tout d'en avoir parlé autour de moi car aujourd'hui je me sens moins seule face à cette situation. Les jours passent et paraissent tellement longs, je ne me supporte plus physiquement et, surtout ces quelques formes de début de grossesse notamment au niveau des seins et un tout petit peu le ventre. Je ne supporte plus ce corps de femme enceinte, je ne supporte plus ces nausées, j'ai envie d'en finir. J'ai envie que l'opération soit passé et que tout ça soit derrière nous. Le 21 septembre, j'ai rendez vous avec la sage femme et l’anesthésiste pour m'expliquer et programmer l'intervention au plus vite. Je n'ai rien à dire l'hôpital a vraiment fait en sorte que ce soit fait le plus rapidement possible.  L'intervention est programmée pour le lundi 24 septembre je dois me rendre à l'hôpital vers 08h. La veille de l'opération a été très dure psychologiquement puisque la sage femme m'avait donné des comprimés censés préparer le col de l'utérus mais aussi stopper la grossesse. J'ai très mal vécu ce moment, j'avais l'impression de tuer mon bébé ... Même si on allait me le retirer le lendemain. Nous nous rendons à l'hôpital vers 08h et on nous installe dans une chambre j'enfile une blouse et j'avale quelques médicaments dont un pour me détendre. Je n'ai pas eu le temps de me poser de questions, de stresser ou même de pleurer, j'étais même plutôt détendue. L'équipe médicale a été top et vraiment à l'écoute. Un peu avant 11h, on me monte au bloc je réalise vraiment que c'est terminé ... Vers 12h30 je redescend dans la chambre et ça y est, c'est étrange mais je suis soulagée. Je pense que ce qui a été le plus dur ça a été de rester enceinte pour une durée déterminée en sachant comment ça se finirait. 

10 commentaires:

  1. Ma petite biche. On ne se connait pas mais ton article m'a donné l'impression d'être à côté de toi lors de ces moments. A être heureuse pour toi au début, puis stressée et inquiète. Et ensuite triste à en pleurer. A ressentir la peine que ton couple doit traverser encore aujourd'hui. Je t'embrasse très fort et te souhaite le meilleur pour la suite ❤️

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  2. Merci Amélie pour ces quelques mots très doux !
    Dans le prochain chapitre arrivera le meilleur.
    Bises, Marie.
    www.bonjoourmarie.com

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  3. Oooh :-((
    Que c'est dur de vivre une pareille épreuve. Je suis vraiment triste pour toi. Je te souhaite de prendre le temps de guérir pour digérer ce malheur. Tu n'as pas à t'en vouloir, tu n'y pouvais rien et n'avais pas d'autre choix. Prends soin de toi <3

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    1. Oh merci pour tes jolis mots qui me vont droit au cœur !
      Comme tu dis je n'aurai de toute façon pas pu faire autrement !
      Et oui je prends le temps de digérer ce qu'il s'est passé.

      Merci à bientôt, <3

      www.bonjoourmarie.com

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  4. Ton récit est tellement triste. Je suis vraiment désolée et t'envoies pleins de bisous pour t'encourager dans ces moments difficiles...

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    1. Merci pour ton petit mot et tes encouragements ! Ils me vont droit au cœur !

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  5. Je suis tellement désolée de lire ces mots... Ca a du être tellement difficile à vivre et sûrement encore aujourd'hui! Prenez soins de vous et j'espère que vous aurez toutes les réponses que vous attendez bien vite et surtout que la nature sera de votre côté très prochainement!

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    1. Hello,

      Effectivement c'est une épreuve très difficile à vivre mais que veux tu ... Dans la vie il faut faire face à tous les évènements qui surviennent qu'ils soient joyeux ou tristes ; alors on avance !

      A bientôt,
      Bon dimanche,
      Marie

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  6. Suite à mon précédent commentaire sous ton dernier article traitant de ce sujet, je comprends mieux "le parcours". Et je suis tellement désolée que tu aies dû traverser tout ça.
    J'espère de tout coeur que vous pourrez tenir votre enfant dans vos bras très très bientôt.

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  7. Très émue en lisant cet article car j'ai moi-même fait une fausse couche précoce avant d'avoir mon premier enfant ... J'avais fait le choix de ne pas en parler à ma maman, déjà fragile nerveusement à l'époque et ne lui ai avoué cet "épisode" qu'une fois enceinte de 5 ou 6 mois. J'espère que le meilleur sera à venir très très vite pour vous.

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